Pour ceux qui l'avaient manqué en 2008, Christian Lapointe et le Théâtre Péril reprennent la semaine prochaine Vu d'ici. Il faut voir Jocelyn Pelletier, seul sur scène, travailler le texte, occuper l'espace, s'adresser directement au public, éclairé par des écrans de télé qui diffusent en direct RDI, LCN, TVA.
Avoir été joué au théâtre, c'était déjà tout un honneur. Mais que la pièce soit reprise quatre ans après... Je suis tout seul dans mon salon et je joue à être un genre de mini-Michel Tremblay.
Vu d'ici
Une production du Théâtre Péril à la Salle Multi de Méduse
Du mardi 28 août au samedi 1 septembre 2012 à 20h00
vendredi 24 août 2012
mardi 14 août 2012
Une photo de chat dans un triste été
Je sors de mon silence pour une bonne cause. Un genre de
bonne cause, oui. Je passe un été triste. Vickie Gendreau, ma meilleure amie, dont
l’énergie me déborde dessus, avec qui j’ai fait tant de conneries amusantes,
mais dont j’ai aussi été le mentor littéraire impitoyable depuis deux ans, Vickie
qui travaille si fort pour réaliser son rêve de devenir une écrivaine, une vraie, a été
diagnostiquée d’une tumeur au cerveau. Inopérable. De celles dont on ne guérit pas. Les traitements ont eu l’air
de fonctionner jusqu’ici, lui donnant un répit qu’on n’imaginait pas au départ,
et elle a pu terminer un premier manuscrit, Testament,
un livre dur et sans compromis que je ne pourrai probablement jamais
relire
dans son entièreté tant me bouleverse cette jeune narratrice qui contemple
la mort
droit dans les yeux. J’ai passé beaucoup de temps avec Vickie depuis
juin. Nous
avons partagé des émotions que personne ne voudrait partager et nous avons
désespérément cherché
l’énergie pour continuer de nous amuser et de faire en sorte que le
quotidien
reste un terrain de jeu verbal, une fête champêtre avec du champagne et
des brillants dans le fond des coupes. Nous y sommes arrivés.
Mais pendant ce temps, Sophy, que
j’aime tant, notre amie, n’a
pas eu cette force. Abattue par cette nouvelle, elle qui est si joyeuse
et « gnéseuse » d’habitude s’est petit à petit refermée sur elle-même et
s'est retrouvée prise dans une suite de crises de panique qui ont fait
en sorte qu’au bout d'un moment, elle n’a plus été capable de sortir de chez
elle. C’est
à ce moment que sa chatte de 17 ans, la petite Po, sa seule vraie bouée
qu’elle
a à ses côté depuis son enfance, est tombée malade. Elle s’en
sortira, mais
Sophy n’a pas les moyens de payer les 1000$ que lui auront coûté son
hospitalisation et ses traitements, auxquels s’ajoutera ensuite une facture mensuelle
qui ajoute
à l’extrême pauvreté dans laquelle Sophy se trouve plongée présentement.
Même
si elle pourrait en venir à ne plus se payer de luxe d'aucune sorte, ni téléphone,
ni
Internet, même si elle pourrait arrêter de manger pour que Po continue
sa vie
de chat en santé, Sophy ne demandera pas la charité. Elle a plutôt
décidé de
célébrer la « chatte gériatrique la plus belle du monde » en faisant
des t-shirts, des macarons et des cartes postales qui lui permettront
peut-être
d’éponger ses dettes, de recommencer à respirer financièrement et de
remonter enfin la pente. Elle ne vous le
dira jamais comme ça, bien sûr, car elle veut que la vie reste une chose
légère et farfelue.
Elle veut faire de Po plus qu’une rock star, une sorte d’icône
presque religieuse
qu’elle distribuera à tout le monde. C'est une image qui rappelle le Che, c'est pourquoi nous,
on l’appelle le Cha. Le Cha Guevara. Le projet de Sophy est de faire de Po
le
patron des vieux animaux de compagnie, ceux qu’on n’abandonne pas tant
qu’ils gardent
une qualité de vie décente, ces animaux grisonnants fragiles et dignes,
dont on
connaît les moindre caprices et traits de caractère, et dans les yeux
desquels
nous pouvons voir nos propres angoisses de vieillir sans être abandonnés, à défaut des leurs, car ces yeux demeurent irrémédiablement
silencieux.
Mes amies et moi, nous trébuchons parfois mais nous sommes forts. Nous
sommes épuisés mais nous n’abandonnerons pas. Nous ne céderons pas à la
tristesse qui est venue de tous les côtés cet été.
Sophy prend les commandes sur sa boutique Etsy, et vous
pouvez suivre ses aventures sur son blogue, Lorazepam. Et pour Vickie... surveillez bien ce
qui va se passer cet automne. Ça va être "plus malade qu'elle", comme elle dit.
dimanche 3 juin 2012
Pour ne pas qu'advienne la dictature tranquille
Je n'aime pas du tout faire de la politique-fiction, mais l'époque m'y contraint. La dystopie est démoralisante, on aime mieux l'utopie, mais il est parfois nécessaire d'y jeter un coup d'oeil pour anticiper ces coups durs qui pourraient mettre à terre le soulèvement enthousiaste d'une génération. Sonder l'horreur de ce qui, il y a peu, était encore impensable, permet d'éviter le traumatisme et les réactions inconsidérées. La profonde nouveauté de ce printemps québécois a d'ailleurs jusqu'ici été celle-ci: le soulèvement s'est fait de la manière la plus mesurée.
Ce genre d'expérience de pensée constitue aussi une sorte d'ironie renversée où, au lieu de dire le contraire de ce qu'on pense en mimant la position inverse pour en faire apparaître l'absurdité, on fait aboutir dans une fiction du pire ce que cette position inverse a de potentiellement tragique. Il arrive qu'à certaines périodes, une société se trouve dans un état si malade que l'ironie ne fonctionne plus, car la violence des propos des suppôts du pouvoir ne peut plus être débusquée, amplifiée, démasquée. Elle apparaît au grand jour et, surtout, devient imperceptiblement acceptable pour une opinion publique en plein dérapage idéologique. Dans ces moments terribles, le cynisme devient la norme pour un présent qu'il devient de plus en plus difficile de dénoncer et l'ultime recours est encore d'anticiper, de projeter dans l'avenir le germe de ce qui pourrait demain devenir, tragiquement, la norme.
La dicature tranquille
J'affirmais récemment qu'une politique totalitaire canadienne était subitement devenue pensable. Qu'elle soit devenue seulement pensable, qu'elle ait ouvert cet espace dans notre imaginaire politique, restera peut-être avec le recul la seule chose que nous retiendrons de ce gouvernement libéral. Il aura rendu possible, même seulement possible, la dictature tranquille, et sa possibilité constitue un événement tragique sur la scène politique. Comme la révolution tranquille dont elle est la contrepartie, la dictature tranquille ne se ferait pas dans la violence et dans le sang, mais par un système d'amendes et d'une conception de l'"illégalité tolérée" qui donnerait au peuple l'impression que le seul parti au pouvoir est magnanime dans sa volonté de préserver la liberté d'expression et d'association. La dictature tranquille se ferait en préservant toutes les apparences de l'exercice démocratique et surtout, son discours, son langage, son vocabulaire. Elle n'est encore qu'au stade de l'expérience, mais les éléments se mettent en place pour assurer sa relative pérennité, notamment dans la population.
Ce qui a malheureusement commencé d'apparaître depuis quelques semaines, et qui est aussi terrifiant que les politiques du seul parti libéral, c'est ce qu'on pourrait appeler le "fascisme dédiabolisé" au sein d'une population que la hausse des frais de scolarité indifférait jusque là, mais qui se radicalise en réponse à la radicalisation des opposants au parti libéral. Nous nous ravissons présentement devant le retour triomphant de la pensée de gauche dans l'espace public, mais nous n'avons pas encore commencé à prendre la mesure de sa contrepartie qui se trouve présentement aspirée dans une spirale délirante de haine et de mépris qui lui fait en appeler au meurtre des opposants au régime en place, même s'ils se contenteront à la fin de leur humiliation publique. Ces néofascistes, parce qu'il convient de les nommer ainsi, sans emphase rhétorique, survivront aux prochaines élections, quel que soit le résultat. Ils trouveront des appuis dans les classes supérieures de la société qui les financeront et, pire encore, nous devrons fort probablement nous résigner et apprendre à vivre avec eux, comme l'Europe a dû apprendre à vivre avec les partis d'extrême-droite. L'exception en est cependant que ces néofascistes canadiens ne ciblent pas l'immigrant comme menace, mais bien le "gauchiste", c'est-à-dire, arbitrairement, toute personne soupçonnable de délit d'opinion. L'ère de la délation a commencé, on prendra acte de sa terrifiante logique dès le retour en classe, car la loi 78 invite explicitement à la délation en milieu scolaire.
La Charte des droits et libertés continuera en apparence de protéger ces citoyens, mais on peut déjà voir par les mesures mises en place comment la charte pourrait être contournée et son application reportée. Le régime en place pourrait ainsi retirer son financement ou ses crédits d'impôt, dont l'attribution se fait déjà au cas par cas, aux entreprises et aux individus qui auront pris position contre le régime en invoquant différents prétextes sans lien avec la liberté d'expression. La contestation, encore possible au départ, deviendrait de plus en plus difficile à mesure que le régime nommera les juges et les arbitres chargés de trancher sur les questions, abolissant ainsi subrepticement la séparation entre le pouvoir judiciaire et l'exécutif.
La première mesure de la dictature tranquille pourrait bien être une idée du genre d'aller en élection sur un projet d'abolir les cégeps pour les arrimer aux commission scolaires. La loi 78, qui empêche toute manifestation ou toute opposition à l'intérieur ou à proximité des établissements d'enseignement, rend pensable ce projet. L'élection la reconduirait indéfiniment pour permettre une soi-disant "modernisation du système d'éducation" qu'une bonne partie de la population, excédée par les manifestations des derniers mois, pourrait applaudir le projet. Une telle idée, grossière, ignoble, aurait pour effet d'enrager instantanément tous les opposants au parti libéral sur ce sujet, qui utiliserait cette rage à son avantage et pourrait faire oublier les scandales de corruption.
La véritable visée d'un tel projet serait bien sûr de retirer de manière permanente à tous les étudiants du collégial leur liberté d'association et d'expression. Elle pourrait donner aux néofascistes l'humiliation publique dont ils rêvent, et assoirait un peu plus la pensée de la répression à tout prix des opposants au régime. Pis encore, la réélection du parti libéral donnerait un minimum de légitimité à cet appareil de collusion pour en officialiser le fonctionnementà travers une révision de l'idée de partenariat public-privé à laquelle le parti n'a jamais véritablement renoncé.
Tout ça, évidemment, n'est encore que du domaine de la politique-fiction, mais cet espace de l'imaginaire s'est ouvert depuis la mise en place de la loi 78, et ses opposants ont présentement cette responsablilité lourde, dramatique, d'envisager tous les moyens possible pour empêcher toute actualisation de cette dystopie de la dictature tranquille qui n'en est encore qu'à l'état de virtualité dans l'espace politique. La mobilisation inespérée de centaines de milliers de citoyens doit pour cette raison se poursuivre, festive et optimiste comme elle a commencé à l'être, ouverte sur l'espace de pensée que la rue a aussi ouvert en même temps dans l'espace politique québécois.
Quelle serait la meilleure réponse à ce coup fourré du parti libéral? J'en ai aucune idée. J'avoue que je suis plus porté au tragique qu'à la stratégie.
Image: Ryoji Ikeda, Datamatics [prototype-ver.2.0]2
lundi 21 mai 2012
Comment utiliser Twitter comme source d'information
Je discerne depuis quelques jours quelque chose comme un mouvement vers Twitter en tant que média d'information et je réalise que beaucoup de gens ne connaissent pas encore le média, alors aujourd'hui je vais faire, platement, un peu de cyberéducation citoyenne.
Il suffit d'y suivre un soir de manif et de comparer le lendemain avec ce qu'en racontent les médias de masse pour voir à quel point deux perspectives peuvent diverger pour un même événement. Par exemple, ce que pouvait faire circuler TVA/canoe hier au sujet de ce qui se passait relevait pratiquement de la désinformation: ils rapportaient en boucle des gestes isolés de casse en refusant obstinément de rapporter aucun détail de l'opération policière. Même le Twitter du spvm, sans être critique, était à tout le moins plus objectif en ce qui concerne le travail des policiers. Et je ne fais pas d'amplification rhétorique, là.
L'information sur Twitter n'est régie par aucun organe de presse, elle n'est donc pas objective, journalistiquement parlant. Mais il en va comme de tout en ligne: il appartient au lecteur de faire lui-même sa synthèse et de former son propre jugement concernant les faits à partir de ce qu'il peut capter des flux d'information. Les flux demandent aussi à être eux-mêmes remis en perspective: suivre une manif ou tout autre événement de l'intérieur et en direct sur Twitter nous donne parfois une image amplifiée de l'événement en question. Par exemple, hier j'hésitais à sortir, ayant lu que des arrestations de masse avaient lieu au coin de Coloniale et Prince-Arthur (à 30 secondes de chez moi) et j'étais resté avec l'impression que des cordons policiers contrôlaient tout le centre-ville quand, dans les faits, ils contrôlaient et arrêtaient tout le monde dans un périmètre beaucoup plus restreint. Une journaliste a été brièvement détenue, mais s'est fait dire entretemps qu'on se "calissait" du fait qu'elle était journaliste, une policière a aspergé sans motif apparent un manifestant, une voiture de police a vraisemblablement tenté d'écraser un piéton. Voilà des fait. Il appartient au lecteur de demeurer critique quant au contexte et à l'interprétation qu'on peut leur donner.
Alors voici comment suivre un événement.
Il vous faut un compte Twitter, la procédure d'inscription est gratuite et, au contraire de facebook, Twitter n'utilise pas de dossier secret qu'il aurait compilé depuis des années pour informer vos amis que vous venez d'apparaître sur le réseau.
Ensuite, il n'y a qu'à chercher ce qu'on appelle des hashtags, par exemple: #manifencours. C'est un mot précédé d'un dièse que les utilisateurs utilisent pour faire s'agglomérer les messages. C'est ce qui distingue Twitter de Facebook: pas besoin d'avoir des amis pour suivre des conversations.
Le flux de #manifencours est immense lors des événements, on ne peut pas tout lire, ce n'est pas tout qui est pertinent, mais une information y circule qu'on ne retrouve nulle part ailleurs.
Si vous souhaitez suivre les manifestations, vous pouvez aussi vous brancher sur CUTV, la webtélé communautaire qui diffuse en direct lors des événements. La couverture est intermittente, la police du spvm s'enfarge souvent malencontreusement dans la caméra ou dans l'animatrice qui se met à crier ou arrêter et on reste de nombreuses minutes à se demander si c'est grave.
ah!
TVA Le Journal de Montréal
big deal
mais pour vous dire
l'éternité d'un soir de manif
pour raconter
une vie de peuple-concierge
mais pour rentrer chez nous le soir
à l'heure où le soleil s'en vient crever au-dessus des ruelles
mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui
chaque jour de nos vies à l'est de vos empires
rien ne vaut un hashtag de #manifencours
notre parlure pas très propre
tachée de cambouis et d'huile
samedi 19 mai 2012
La fois où j'étais d'accord (sur un point) avec Mathieu Bock-Côté
J'ai déjà dit des choses dures à l'égard des positions que prend parfois Mathieu Bock-Côté dans les médias de masse. Mais parce que je critiquais ce qui, à mon sens, m'apparaissait comme une compromission de la figure de l'intellectuel à laquelle il tient, je me dois aussi pour cette raison souligner lorsqu'il prend la parole en tant qu'intellectuel pour défendre les humanités et dénoncer l'état policier qui rend impossible la liberté de les enseigner.
Nous avons sans doute peu de choses à nous dire, peu de points de discussion sur lesquels nous pourrions nous entendre, je ne suis pas non plus complètement d'accord avec plusieurs des positions de Bock-Côté dans ce texte, mais sur ce point, je ne peux que joindre ma voix à la sienne.
Attention, voici un lien que vous ne verrez probablement plus jamais sur ce blog: une chronique de Mathieu Bock-Côté. C'est dire si depuis quelques jours, tout est en train de basculer. On sait plus où y a la tête et où y a les pieds.
Nous avons sans doute peu de choses à nous dire, peu de points de discussion sur lesquels nous pourrions nous entendre, je ne suis pas non plus complètement d'accord avec plusieurs des positions de Bock-Côté dans ce texte, mais sur ce point, je ne peux que joindre ma voix à la sienne.
Attention, voici un lien que vous ne verrez probablement plus jamais sur ce blog: une chronique de Mathieu Bock-Côté. C'est dire si depuis quelques jours, tout est en train de basculer. On sait plus où y a la tête et où y a les pieds.
vendredi 18 mai 2012
Nous avons testé pour vous: un totalitarisme à la canadienne
Le gouvernement libéral a entamé hier une expérience politique dont personne ne peut encore mesurer les conséquences. Il teste, pour l'avenir du Québec mais aussi pour l'ensemble du Canada, un totalitarisme à la canadienne. Cela est clair: le gouvernement conservateur qui ignore le Québec, regardera ailleurs, se gardera d'intervenir politiquement en invoquant sarcastiquement l'exception culturelle, mais prendra bien note de ce qui est en train de se passer, pour voir quelle est la limite de la population en matière de totalitarisme.
Il ne faudra pas compter sur la scène fédérale, il ne faudra pas compter sur la cour suprême, il ne faudra pas non plus compter sur la scène internationale contre laquelle fera barrage le Canada.
Nous avons été abandonnés de toute part.
Il n'est plus désormais impensable que la liberté d'expression soit complètement abolie. L'escouade politique qui sera mise sur pied pour traquer les organisateurs de manifestations en ligne pourrait avant longtemps élargir son mandat et considérer toute critique à l'endroit du gouvernement comme une incitation à manifester, à troubler la paix sociale et, possiblement, à inciter à craindre un acte terroriste. Ce pas a déjà été franchi lorsque les quatre personnes accusées d'avoir déclenché des fumigènes dans le métro ont également été accusées d'incitation à craindre un attentat terroriste.
Il n'est plus désormais impensable que les élections soient suspendues. Invoquant un climat social instable, le Parti libéral pourrait reconduire indéfiniment sa loi spéciale et ne promettre des élections qu'à la condition que soit revenue la paix sociale selon les conditions qu'il aura lui-même fixées.
Il n'est désormais plus impensable que les partis d'opposition soient neutralisés ou interdits. Si le port du carré rouge devient aux yeux de la loi spéciale une incitation au désordre social, le Parti québécois et Option nationale pourraient se voir interdire l'accès à l'Assemblée nationale, ou encore être tenus responsables de la reconduction ad infinitum de la loi spéciale, et faire en sorte que des élections ne pourront être tenues. Québec solidaire pourrait tout à fait être assimilé à un groupe terroriste, car la rhétorique du Parti libéral ne fait aucune distinction entre désobéissance civile et acte criminel organisé. Il pourrait en outre se voir retirer son statut de parti officiel. La structure de la CLASSE, semblable à celle de Québec solidaire, se voit constamment dénier son statut d'organisation par le discours du gouvernement libéral depuis le début de la crise. Si les choses en arrivaient là, le seul parti d'opposition légitime serait la CAQ, petit parti qui n'aurait aucune chance de prendre le pouvoir, mais demeurerait néanmoins la caution de façade au maintien d'un semblant de démocratie.
J'espère de tout coeur que le peuple québécois saura mettre fin rapidement et avec l'élégance dont il est capable à cette expérience politique terrifiante. J'avais depuis des années perdu confiance en lui, les derniers mois m'ont redonné un peu d'espoir. Je ne voudrais pas d'une autre génération perdue. Il en va de l'avenir du Québec et, paradoxalement, de l'avenir du Canada.
Il ne faudra pas compter sur la scène fédérale, il ne faudra pas compter sur la cour suprême, il ne faudra pas non plus compter sur la scène internationale contre laquelle fera barrage le Canada.
Nous avons été abandonnés de toute part.
Il n'est plus désormais impensable que la liberté d'expression soit complètement abolie. L'escouade politique qui sera mise sur pied pour traquer les organisateurs de manifestations en ligne pourrait avant longtemps élargir son mandat et considérer toute critique à l'endroit du gouvernement comme une incitation à manifester, à troubler la paix sociale et, possiblement, à inciter à craindre un acte terroriste. Ce pas a déjà été franchi lorsque les quatre personnes accusées d'avoir déclenché des fumigènes dans le métro ont également été accusées d'incitation à craindre un attentat terroriste.
Il n'est plus désormais impensable que les élections soient suspendues. Invoquant un climat social instable, le Parti libéral pourrait reconduire indéfiniment sa loi spéciale et ne promettre des élections qu'à la condition que soit revenue la paix sociale selon les conditions qu'il aura lui-même fixées.
Il n'est désormais plus impensable que les partis d'opposition soient neutralisés ou interdits. Si le port du carré rouge devient aux yeux de la loi spéciale une incitation au désordre social, le Parti québécois et Option nationale pourraient se voir interdire l'accès à l'Assemblée nationale, ou encore être tenus responsables de la reconduction ad infinitum de la loi spéciale, et faire en sorte que des élections ne pourront être tenues. Québec solidaire pourrait tout à fait être assimilé à un groupe terroriste, car la rhétorique du Parti libéral ne fait aucune distinction entre désobéissance civile et acte criminel organisé. Il pourrait en outre se voir retirer son statut de parti officiel. La structure de la CLASSE, semblable à celle de Québec solidaire, se voit constamment dénier son statut d'organisation par le discours du gouvernement libéral depuis le début de la crise. Si les choses en arrivaient là, le seul parti d'opposition légitime serait la CAQ, petit parti qui n'aurait aucune chance de prendre le pouvoir, mais demeurerait néanmoins la caution de façade au maintien d'un semblant de démocratie.
J'espère de tout coeur que le peuple québécois saura mettre fin rapidement et avec l'élégance dont il est capable à cette expérience politique terrifiante. J'avais depuis des années perdu confiance en lui, les derniers mois m'ont redonné un peu d'espoir. Je ne voudrais pas d'une autre génération perdue. Il en va de l'avenir du Québec et, paradoxalement, de l'avenir du Canada.
mercredi 9 mai 2012
À Québec en fin de semaine pour le Salon Nouveau Genre
Attention Villequébécois, j'aurai un kiosque ce samedi et dimanche au Salon Nouveau Genre à Québec. J'aurai les cartes d'auteur, des dizaines de macarons littéraires ainsi que des tonnes de t-shirts. Plus besoin d'imprimer et de découper des agrandissement de captures d'écran pour savoir si Louis Ferdinand Céline Dion ou Fuck le tact vous ferait bien, vous pouvez venir l'essayer en personne.
But wait, there's more! J'aurai aussi des primeurs, des nouveaux t-shirts et si vous achetez un paquet de cartes, je vous tirerai aux cartes d'auteur et y lirai votre avenir littéraire. Eh oui, chez doctorak co., on est vraiment prêt à faire n'importe quoi pour pas finir dans le trou avec nos voyages promotionnels.
Événement facebook
À l'église Saint-Jean-Baptiste
470, rue Saint-Jean
entrée gratuite
But wait, there's more! J'aurai aussi des primeurs, des nouveaux t-shirts et si vous achetez un paquet de cartes, je vous tirerai aux cartes d'auteur et y lirai votre avenir littéraire. Eh oui, chez doctorak co., on est vraiment prêt à faire n'importe quoi pour pas finir dans le trou avec nos voyages promotionnels.
Événement facebook
À l'église Saint-Jean-Baptiste
470, rue Saint-Jean
entrée gratuite
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